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Histoire de la Foire de Béré

Depuis plus d'un millénaire, proche d'un sanctuaire religieux, la Foire de Béré conjugue la fête aux fruits du travail, pour des dizaines de générations d'hommes et de femmes de Béré, de Châteaubriant, du Pays de Châteaubriant, et plus encore.

1. Aux origines de la foire

Aux temps mérovingiens et carolingiens, Béré est une petite cité au centre d'une grande clairière où, très tôt, des marchés sont devenus des temps forts de la vie agricole, artisanale et rurale. Il est fort probable qu'une foire existe. L'origine de la Foire de Béré se perd ainsi, faute de documents, dans la nuit des temps.

Peu après l'an mil, de l'autre côté de la rivière, est construit un château en bois par la famille de Brient. Ce seigneur fait appel à l'abbaye de Marmoutier près de Tours pour assurer à la fois le salut de son âme et l'expansion des activités économiques. Il accorde aux moines du prieuré Saint-Sauveur des biens et des privilèges : des terres, des métairies, des maisons, des moulins, des dîmes, des droits de justice, des droits de coutume sur les marchés et les moulins, et « les revenus de la foire Saint-Hilaire ».

Cette donation est faite entre 1028 et 1044. Elle est confirmée le 1er novembre 1050 par Airard, évêque de Nantes. C'est la première date précise de confirmation de l'existence de cette foire. Voilà pourquoi, lorsqu'on désire donner un âge à la Foire de Béré, on se réfère à cette date. Mais n'oublions pas qu'elle est née bien avant 1050.

La Foire de Béré se perpétue, intimement liée à la vie agricole de la région et aux nombreux échanges des Marches de Bretagne. Qui dit échanges, dit droits : jusqu'à la Révolution, les droits sur la foire vont aux moines, privilège rappelé de nombreuses fois par la puissante abbaye de Marmoutier. Cette source de revenus est aussi l'un des facteurs de l'extraordinaire longévité de la foire.

2. De la foire Saint-Hilaire à la foire de la Sainte-Croix

On retrouve cette foire annuelle dédiée à saint Hilaire en 1217, lorsqu'un des descendants de Brient confirme les biens accordés par son aïeul aux moines. Mais en mai 1281, à l'occasion d'un échange entre le baron de Châteaubriant et le prieuré Saint-Sauveur, le seigneur accorde aux moines tous les revenus qu'il perçoit sur « la foire de la Sainte-Croix de Béré ». Ainsi la Foire de la Sainte-Croix se substitue à la Foire Saint-Hilaire. Mais ce n'est qu'une réaffirmation du droit éminent du seigneur, tout en fortifiant les relations entre lui et l'abbaye de Marmoutier.

La Foire de Béré se tient toujours sur le champ de foire appelé le Champ Saint-Père, situé entre le prieuré et la Chère. Elle est bien située dans l'année des travaux agricoles, des échanges et du rythme annuel de la vie paysanne : le 14 septembre.

3. Permanences et mutations contemporaines

La Foire de Béré survit à la tourmente révolutionnaire. Elle devient municipale. En effet, avec la disparition des ordres réguliers, la foire n'appartient plus au prieuré Saint-Sauveur dont les bâtiments et le Champ Saint-Père sont vendus en 1791.

La Foire de Béré connaît des concurrentes au début du XIXe siècle. Afin d'animer le commerce, un décret de Napoléon 1er, le 15 janvier 1809, crée deux nouvelles foires à Châteaubriant : le lendemain de la Trinité et le 24 octobre, sur la place des Terrasses. Elles deviennent progressivement deux gros marchés foires qui ne portent pas ombrage à la Foire de Béré.

On peut juger de l'importance de la Foire de Béré à cette époque, à travers cette liste, du 14 septembre 1825, des marchands et débitants y participant : 31 cabaretiers, 11 boulangers et 1 pâtissier, 6 lardiers (marchands de cochonnailles), 22 merciers, 6 marchands de toile et 1 marchand d'étoffe, 2 boisseliers, 3 quincailliers, 3 couteliers, 1 ferblantier, 8 taillandiers (forgerons faisant des outils), 6 marchands divers, 1 verrier et 2 débitants de tabac !

La foire, c'est aussi la fête ! À la fin du XIXe siècle, aux côtés des manèges, des cirques et des théâtres, on expose des ménageries et même des zoos humains ! On découvre alors non seulement les bêtes des autres continents, mais aussi les hommes noirs, les nègres comme on les appelle à l'époque.

Entre les deux Guerres mondiales, le commerce des bestiaux toujours très important dans la région est à l'origine d'une nouvelle foire. Les 15-16-17 mai 1936 se tient ainsi la première « Foire de printemps » de Béré : petite foire pour les porcs et les moutons le vendredi, grande foire pour les bovins et les chevaux le samedi, fête foraine le dimanche. Cette foire de printemps connaît un incontestable succès. La guerre met fin à cette manifestation.

4. La foire aujourd'hui

Aujourd'hui, la Foire Sainte-Croix de Béré se tient toujours sur le Champ Saint-Père, mais celui-ci appartient à la ville de Châteaubriant depuis le 22 février 1956. Les traditions séculaires se maintiennent, mais il a fallu adapter la foire aux exigences modernes.

En 1947, est créé un Comité des Exploitants de la Foire de Béré, régi par la loi sur les associations de 1901. Dès 1947, un quartier spécialement réservé aux exposants fait son apparition. La foire aux bestiaux, après avoir connu la vogue de célèbres comices, se spécialise aujourd'hui dans des concours réputés. Dans les années 1980, naît et s'affirme une nouvelle attraction : l'exporama. Les thèmes retenus permettent de véritables vitrines des activités de tout le Pays de Châteaubriant. Enfin, la fête foraine draine toujours les foules : la foire de Béré ne serait pas ce qu'elle est sans elle !

Ainsi, sur ce Champ Saint-Père, plus d'un millénaire de foires constitue un riche patrimoine identitaire. La Foire de Béré lie ainsi les hommes d'hier à ceux d'aujourd'hui. Extraordinaire lieu de mémoire de Châteaubriant et de sa région !

Christian Bouvet
Président de la Société Historique du Pays de Châteaubriant

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